Coup de projecteur : le décor

Anouk Abécassis répond au questionnaire de Proust.

 

Quel est votre héros/héroïne de théâtre préféré/e
?
 

J’admire tous les personnages qui me parlent, subtilement ou non, de l’humanité, des autres, de moi… J’aime tout particulièrement les pièces qui questionnent et font réfléchir sur le monde.

 

Quelle est votre matière/matériau préféré(e) à travailler ?

Le bois. C’est un matériau qui peut prendre toutes les formes, tous les aspects et transmettre toutes les émotions. Il peux être très chaleureux, ou au contraire avoir un aspect froid, être peint, laqué; courbe, très fin, massif… Il a un champ d’utilisation assez monumental. J’aime ce que le bois raconte de l’atmosphère cosy et chaleureuse des vieilles librairies et bibliothèques tout en bois. C’est un matériau poétique en somme.

Et puis soyons honnête, sa mise en œuvre demande assez peu de matériel et de moyen. Ce qui est un avantage quand on a pour seul et unique atelier une chambre de 12m2. Travailler le métal ou le verre, autres matières que j’affectionne particulièrement, est tout de suite nettement plus compliqué.

 

Quelle est la tâche la plus agréable dans la conception/la construction ou la mise en place d’un décor ?

La conception d’un décor de manière générale est un plaisir fou. J’en aime vraiment tous les aspects; une étape de la conception particulièrement touchante est le moment où le metteur en scène nous parle pour la première fois de la pièce qu’il/elle a choisi de monter. En tant que scénographe on est un peu maïeuticien, dans l’acception Socratique du terme. On fait accoucher les esprits et les envies du metteur en scène dans l’espace, en formes et en couleurs. Et quand les metteurs en scène nous parlent de leurs pièces, ils parlent beaucoup d’eux en réalité, et de leur façon de voir le monde ou de le questionner. C’est un honneur de se voir accorder le privilège de la confiance d’un metteur en scène et de partager ces moments là avec eux.

 

Quelle est celle que vous détestez ?

Rien en particulier, il peut arriver cependant de bloquer sur un projet, comme un « espace blanc », la page blanche du scénographe. Et ça, c’est très dur à vivre.

 

Quel est votre juron préféré quand cela ne va pas comme vous voulez ?

Un franc « eeeet merde! » ça soulage toujours.

 

Quel est votre métier dans le vie de la Compagnie des Arches ?

En ce moment je suis scénographe pour la compagnie, et je travaille sur les décors de la ré- écriture de L’Éventail de Goldoni mis en scène par Anne Vassallo.

 

Quel est votre métier dans la vie réelle ?

Les arts du spectacle c’est ma vie réelle, depuis aussi loin que je m’en souvienne. Mais si la question est de savoir grâce à quoi je mets du beurre dans mes épinards, je vous répondrais que pour le moment je suis étudiante en avant dernière année en scénographie théâtrale, décors de cinéma, architecture intérieure et muséographie à l’École Supérieure des Arts et Techniques à Paris.

 

Combien d’heures avez-vous passé sur les décors ?

Jusqu’ici autour de 100h et ce n’est pas fini.

 

Qu’est-ce qui vous motive à donner tant d’heures et de talent à la Compagnie des Arches ?

Ce qui fait que j’ai choisi la scénographie pour métier c’est mon besoin de créer, mon amour pour le travail en groupe et la vie d’une compagnie, ainsi que ma conviction très forte que, notamment dans des périodes troublées socialement, économiquement, politiquement etc., les arts et la création ont un rôle primordial dans nos sociétés. C’est ma manière à moi d’apporter ma pierre à l’édifice.

Quant à ce qui fait que je travaille avec les Arches pour ce projet ci, ça coulait de source : je suis entrée à l’Académie Gabriel Fauré quand j’avais 8 ans, j’en ai 24 aujourd’hui. J’ai connu Anne Vassallo là-bas. D’abord comme professeure de théâtre, puis en tant que danseuse. Nous avons suivi les mêmes cours. J’ai ensuite travaillé avec elle en tant que chorégraphe sur un projet de cabaret qu’elle montait avec ses élèves. Quand elle m’a expliqué qu’elle montait une troupe de théâtre, qui plus est avec des comédiens que je connais et que j’apprécie aussi depuis bien longtemps, c’est tout naturellement que je lui ai proposé une collaboration, un large sourire aux lèvres.

 

Quelle est votre devise ?

J’en ai deux à vrai dire.

« Le sage est sage non par moins de folie mais par plus de sagesse » de Alain et celle-ci qui est de Verlaine « Le poète, l’amour du Beau, voilà sa foi, / L’Azur son étendard, et l’Idéal, sa loi.»

 

Quelle est votre boisson préférée en prévision du pot de fin de spectacle ?

Je suis une indécrottable buveuse de thé, mais j’aime aussi beaucoup les vins blancs moelleux.

 

Anouk & ouvrier 

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